Recyclage cartouche encre : où et comment les recycler

Recyclage cartouche encre : où et comment les recycler
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Cette cartouche vide traîne sur votre bureau depuis trois semaines. Vous savez qu’il ne faut pas la jeter avec les ordures ménagères, vous avez vaguement entendu parler de recyclage, mais concrètement, vous faites quoi ? Vous la rangez dans un tiroir en vous promettant de vous en occuper plus tard. Cette micro-culpabilité qui revient à chaque fois que vous changez d’encre, vous la connaissez bien.

Nous avons tous ce rapport ambivalent avec ces petits déchets technologiques. On sait qu’ils posent problème, mais personne ne nous a vraiment expliqué comment faire autrement. Alors on accumule, on procrastine, on se dit qu’un jour on trouvera la solution. Ce jour est arrivé.

Cette encre qui finit dans les nappes phréatiques (et personne n’en parle)

Plus de 75 millions de cartouches d’impression sont consommées chaque année en France. Seules 23% d’entre elles sont collectées. Les 77% restantes ? Elles finissent à la poubelle, puis en décharge, enfouies dans le sol. À l’intérieur de chaque cartouche : des résidus d’encre, de l’oxyde de fer, de l’aluminium, du plastique non biodégradable. Des métaux lourds qui mettent des décennies à se dégrader et qui, pendant ce temps, contaminent doucement mais sûrement nos sols et nos eaux souterraines.

Les cartouches sont classées en DEEE, déchets d’équipements électriques et électroniques. Certaines sont même cataloguées en déchets dangereux selon leur composition. Nous trouvons absurde qu’un système économique nous pousse à consommer toujours plus de cartouches neuves tout en rendant le recyclage si peu visible, si peu accessible dans nos têtes. Comme si la responsabilité nous incombait entièrement, alors que les circuits existent déjà.

Mais justement, ces circuits, où sont-ils ?

Les 3731 points de collecte que vous ne connaissez pas

Un réseau massif existe en France pour collecter vos cartouches vides. 3731 points de collecte sont recensés sur le territoire, mais la plupart des gens ignorent leur existence. Vous passez probablement devant l’un d’eux plusieurs fois par semaine sans le savoir.

Commençons par les enseignes de fournitures de bureau et d’électronique. Bureau Vallée dispose de bacs de collecte dans ses 295 magasins français et rachète même certaines références. Office Depot, Fnac/Darty et Boulanger proposent également des bacs dédiés dans leurs points de vente. Les déchetteries municipales acceptent les cartouches dans 98% des cas, classées dans une section DEEE spécifique.

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Il existe aussi des solutions moins connues mais remarquablement efficaces. Collecteo a développé un réseau d’ambassadeurs de quartier, des travailleurs indépendants ou autoentrepreneurs qui collectent les cartouches directement auprès des habitants. Vous prenez rendez-vous par téléphone ou via leur site, vous leur confiez vos cartouches, et c’est réglé. L’occasion, parfois, de rencontrer un voisin engagé.

Les associations jouent aussi leur rôle. Certains centres des Restos du Cœur et points de collecte Emmaüs récupèrent les cartouches pour les revendre à des recycleurs, finançant ainsi une partie de leurs actions sociales. Même chose pour des associations locales, des écoles ou des clubs sportifs qui organisent ponctuellement des collectes.

Enfin, les fabricants eux-mêmes proposent des enveloppes T prépayées. HP, Canon, Epson et Brother glissent ces enveloppes dans certains emballages ou les mettent à disposition sur leurs sites. Vous remplissez l’enveloppe, vous la déposez à La Poste, le retour est gratuit.

Type de point Nombre en France Accessibilité Avantages
Grandes surfaces 4500 Horaires magasin Proximité immédiate
Magasins spécialisés 2800 Horaires magasin Possibilité de rachat
Déchetteries 4700 Horaires variables Acceptent tous les modèles
Ambassadeurs Collecteo Variable Sur rendez-vous Collecte à domicile

Mais derrière cette collecte se cache une économie que peu de gens soupçonnent.

Le vrai business derrière votre cartouche vide

Vos cartouches vides ont une valeur marchande. Bureau Vallée rachète certaines références entre 1,50 € et 4 € l’unité selon le modèle. En 2021, l’enseigne a racheté 2,7 millions de cartouches. Ce n’est pas de la philanthropie, c’est un modèle économique.

Des PME françaises se sont spécialisées dans ce créneau et en ont fait leur cœur de métier. Lever l’Encre, basée à Nantes depuis 2006, collecte et revend les cartouches triées aux remanufactureurs. TAC, l’association Triporteur à Cartouches créée à Lille en 2011, organise la collecte dans les Hauts-de-France sur plus de 500 points et finance des actions sociales avec les revenus générés. Valor-Ink, la branche collecte du groupe Prolaser en Vendée, récupère jusqu’à 10 millions de cartouches usagées par an en France et en Europe.

Ces entreprises emploient, forment, créent de la valeur locale. Certaines, comme Printerre à Cherisy, sont des entreprises adaptées qui emploient des travailleurs en situation de handicap pour reconditionner les toners laser. Le recyclage de cartouches n’est pas qu’un geste écologique, c’est une filière économique et sociale à part entière.

Pourquoi ce système reste-t-il si opaque ? Pourquoi ne nous dit-on jamais que nos déchets valent quelque chose ? Nous pensons que la réponse tient en un mot : rentabilité. Tant que les consommateurs achètent du neuf sans poser de questions, les fabricants n’ont aucun intérêt à promouvoir le reconditionnement. Pourtant, la filière existe, fonctionne, emploie.

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Le parcours d’une cartouche qu’on croyait morte

Suivons une cartouche jet d’encre dans son parcours post-utilisation. Une fois collectée, elle est acheminée vers un centre de tri où commence son véritable voyage. Première étape : le nettoyage. Centrifugeuse, ultrasons, vapeur, chaque méthode vise à éliminer les résidus d’encre séchée et les impuretés accumulées.

Vient ensuite le contrôle d’étanchéité. Chaque cartouche est testée pour vérifier que ses joints, ses buses et ses circuits internes sont intacts. C’est à ce moment que se joue son destin. Si tout fonctionne, la cartouche rejoint la chaîne de reconditionnement. Elle est rechargée d’encre neuve, les composants usés sont remplacés, l’ensemble est testé à nouveau avant remballage. Une cartouche jet d’encre peut supporter jusqu’à 5 cycles de recharge avant d’être définitivement hors service.

Si la cartouche est trop abîmée, direction le démantèlement. Les matériaux sont séparés : plastique d’un côté, métaux de l’autre, circuits imprimés à part. Le plastique est broyé puis transformé en granulés qui serviront à fabriquer d’autres objets. Corbeilles, bancs publics, stylos, pièces automobiles. Les métaux sont fondus et réintégrés dans l’industrie. Ce qui ne peut être recyclé en matière est valorisé énergétiquement, c’est-à-dire brûlé dans des installations spécialisées pour produire de la chaleur industrielle.

Nous ignorons complètement ce cycle en tant que consommateurs. Nous achetons, nous utilisons, nous jetons, sans jamais voir ce qui se passe après. Réaliser que cette cartouche qu’on pensait morte peut vivre cinq vies change la perspective.

Stocker ses cartouches sans transformer son bureau en décharge

Vous n’allez pas courir au point de collecte à chaque cartouche vide. Autant être honnête, on accumule tous un peu avant de se bouger. La question est : comment stocker proprement sans que ça devienne le bazar ?

Première option, le carton standard. Vous récupérez un carton de taille moyenne, vous y stockez vos cartouches au fur et à mesure. Capacité : une dizaine de cartouches maximum. Durée de stockage conseillée : 3 mois. Au-delà, l’encre résiduelle risque de sécher complètement et de rendre la cartouche inutilisable pour le reconditionnement.

Type de contenant Nombre max de cartouches Durée de stockage conseillée
Carton standard 10 3 mois
Enveloppe prépayée fabricant 4 1 mois
Bac de recyclage dédié 20 6 mois

Les conditions de stockage comptent. Température idéale : entre 15 et 25°C. Évitez l’humidité qui peut endommager les circuits imprimés. Évitez aussi l’exposition directe à la lumière qui accélère la dégradation de l’encre. Un placard fermé, un tiroir de bureau, un coin du garage à l’abri font parfaitement l’affaire.

Notre astuce personnelle : on garde un sac en toile dans le placard de l’entrée. Chaque cartouche vide y atterrit directement. Quand le sac est plein, on le dépose en passant devant le Bureau Vallée du quartier. Simple, discret, efficace.

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Ce que les fabricants ne vous disent pas (et l’obligation légale qu’ils contournent)

Une directive européenne oblige les fabricants et vendeurs d’équipements électroniques à organiser la collecte et le recyclage de leurs produits. Cette obligation existe depuis des années. C’est pour cette raison que les enveloppes T prépayées existent, que des programmes de reprise sont mis en place. Mais combien de consommateurs le savent vraiment ?

Le système est opaque par design. Les fabricants communiquent peu, les enveloppes sont glissées discrètement dans les emballages, les programmes de retour sont noyés dans des sites web labyrinthiques. Résultat : un taux de collecte qui stagne autour de 23% alors que la loi impose une responsabilité élargie du producteur.

Certaines marques jouent le jeu mieux que d’autres. HP propose son programme Planet Partners avec des points de collecte en magasin et des retours postaux gratuits. Canon et Epson ont développé des systèmes similaires. Brother met à disposition des étiquettes d’expédition gratuites téléchargeables sur son site. Mais aucune de ces initiatives ne fait l’objet d’une communication grand public massive.

Pourquoi ce système obligatoire reste-t-il si peu visible ? Nous pensons que les fabricants ont intérêt à ce que vous achetiez du neuf plutôt que du reconditionné. Chaque cartouche reconditionnée est une cartouche neuve non vendue. L’obligation légale est respectée a minima, sans réel investissement dans la sensibilisation des consommateurs.

L’alternative qui change vraiment la donne : rechargeable ou reconditionné

Le vrai geste écologique se joue peut-être en amont. Avant même de penser au recyclage, repensons notre façon d’acheter. Le marché des cartouches reconditionnées n’est pas du greenwashing, c’est une solution d’avenir qui fonctionne déjà.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Une cartouche reconditionnée coûte en moyenne 30 à 50% moins cher qu’une cartouche neuve d’origine. L’impact environnemental est réduit de 80% en évitant la production de plastique neuf, l’extraction de métaux et le transport depuis l’Asie. La qualité d’impression est identique si le reconditionnement est fait correctement, et les entreprises françaises du secteur le font très correctement.

Certains acteurs vont plus loin. Uniscartouches reverse une partie de ses bénéfices à des associations caritatives. Acheter une cartouche reconditionnée chez eux finance des actions sociales tout en réduisant votre empreinte écologique. Le modèle est vertueux de bout en bout.

Les avantages concrets de passer au reconditionné se résument simplement :

  • Prix divisé par deux en moyenne par rapport aux cartouches d’origine
  • Qualité d’impression équivalente si le reconditionnement respecte les normes
  • Impact environnemental réduit de 80% sur l’ensemble du cycle de vie
  • Soutien à l’économie locale et aux filières de réemploi françaises

Ce modèle circulaire devrait être la norme, pas l’exception. Dans un monde du travail qui se numérise, qui prône la transition écologique et l’entrepreneuriat durable, les consommables d’impression restent un angle mort. Nous imprimons moins qu’avant, certes, mais nous imprimons encore. Autant le faire intelligemment. Le reconditionnement et le rechargeable ne sont pas des solutions de repli, ce sont les solutions d’avenir pour une économie qui se réinvente.

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